04 février 2018

Illustration / Offre d'emploi

 couverture-commerciale_réduite

 J'ai réalisé la traduction des 6 contes de Baldomero Lillo ci-joints et je recherche maintenant des personnes intéressées pour les illustrer. En plus de la page titre, les contes sont habillés de 5 à 7 illustrations. Ceux-ci seront imprimés à la demande et les bénéfices seraient partagés à parts égales entre vous et moi (vous trouverez ci-joint une simulation des coûts et des bénéfices selon différents scénarios de vente).

Il s'agit donc plus d'une proposition de collaboration, sur un ou plusieurs contes, que d'une offre d'emploi. En ce sens il ne faut pas hésiter à me joindre pour plus de détails ou pour des propositions différentes.

J'attends avec impatience de vos nouvelles. Que l'inspiration « lillonnienne » soit avec vous !

 

 Les contes:

La_Remorque

L'or_suivi des Neiges Eternelles

Quilapan

Sub_Sole

Veillee_Funebre

 

Posté par cazueladepolo à 09:55 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


03 avril 2015

Petite histoire d'un manuscrit immigré. Une histoire où vous pouvez être le héros

old_book

Né dans une petite maison d'édition indépendante, apprécié par une communauté locale restreinte mais pas pour autant négligeable – il avait même reçu le prix d'honneur au Salon du Livre de Santiago -, El libro cualquiera voulait parler au monde.

    Les parents de ce bambin avaient pris leurs temps pour l'engendrer,

        cherchant à peaufiner chaque cellule de son corps avant de le mettre au monde.

        ils avaient mis en branle chaque cellule de leurs corps pour le mettre au monde.

Fier de leur progéniture, ils firent connaître leur joyau à tous leurs entourages : la famille, bien sûr, les amis, évidemment, les collègues, pas tous, mais encore, les followers du moindre réseau social auxquels ils participaient et autres surfeurs du numérique. Ces créateurs tenaces voulaient parler au monde.

 

     El libro cualquiera était plein d'envie – certains parlèrent d'ambition… Il allait partir, mais il ne savait pas comment, sous quelle forme, dans quelle langue, avec qui. Il passa les frontières et s'installa sous des piles de confrères – certains parlaient de concurrents – sur les grands bureaux éditoriaux des pays homolingues. Ceux-ci étaient encombrés par d'innombrables neveux des prestigieux titres nationaux, envoyés là par leurs parents, eux-mêmes maîtres sur leurs terres.

    Mais il ne se découragea pas. Le pays ne lui était pas familier et, après tout, la vie de best-sellers ne pouvait guère se décider, tout au plus se désirer, et mieux valait l'écarter lorsque l'on était né dans une petite maison indépendante. Le don d'ubiquité dont il était naturellement doté, permis à notre ami de se présenter également

        aux grands circuits de distributions, et de diffusion, qui le remarquèrent à peine.

        aux oncles et cousins d'Amérique qui étaient, pour leurs enfants déjà, à la peine.

Malgré une langue partagée, les pays qui l'entouraient ne purent satisfaire au besoin qu'avait El libro cualquiera de s'ouvrir aux autres, à tous ceux qui, par goût ou par chance, voudraient bien lui faire une place au fond de leurs yeux. Loin de s'exiler dans les tréfonds de la dépression – certains y verraient de la dépréciation – le roman qui se voulait universel souhaitait changer de peau, sans y perdre son âme. Il aurait aimé étendre ses pages et s'envoler vers la Francophonie.

 

    Le trajet le plus court, mais aussi le plus rare quand la maison qui vous a vu naître n'a pas de famille à l'étranger, se faisait immobile.

    Trônant sur l'illustre présentoir d'une librairie fameuse,

    Trônant sur l'étagère pas trop sombre d'une librairie fréquentée,

    Partageant les rayons d'un distributeur local connu des professionnels étrangers,

    Partageant l'étal d'un vendeur ambulant sur le marché où se baladent les touristes,

        El libro cualquiera pouvait espérer taper dans l’œil d'un éditeur de passage, ou d'un scout littéraire au travail, qui saurait l'apprécier et serait en mesure de le publier. Mais, pour la plupart des dix mille maisons d'édition françaises par exemple, la tâche était risquée et le prix à payer, élevé. Parmi la multitude de livres non francophones existants à ce jour, ils n'étaient qu'une poignée, moins de douze milles par an, à se voir commercialiser en France. Quelles chances avait-il, lui qui prosait en espagnol, d'appartenir aux quatre cent trente-neuf titres qui seraient traduits depuis cette langue, commune à tant de peuples?

 

    Par bonheur et par conviction, ses parents ne jouaient pas à la loterie et ils ne manquaient pas d'énergie pour faire voir du pays à leur petit génie.

    Ils mirent en branle toutes les cellules de leurs corps sociaux, et firent le point sur leurs moyens, financiers et humains, pour parvenir à leur faim de partage.

    Ils cassèrent leurs tirelires et conçurent de beaux habits à El libro cualquiera pour le rendre présentable aux personnes respectables.

    Ils firent appel aux institutions culturelles de leur pays d'origine et de leurs collectivités locales, au nom du rayonnement national.

    Ils listèrent les éditeurs de cet ailleurs tant convoité et discutèrent vivement de l'opportunité de s'adresser aux premiers ou aux derniers d'entre eux – nous parlons de renommée et non de qualité.

        Et El libro cualquiera s’élança dans le labyrinthe éditorial français.

 

    Malgré ses habits de lumière et les résumés inventés pour éclairer sa pensée et son style, il ne trouva sur ses chemins que des maisons qui « [le remerciaient] de l’intérêt qu'[il leur portait] mais [elles] ne [pouvaient] pas répondre favorablement à [sa] demande », parfois, et malgré les apparences, il ne « rentrait pas dans la ligne éditoriale » ; serait-il trop marginal ?

    Alors que d'autres auraient déjà mis leur envie dans leur poche avec un mouchoir détrempé de larmes par-dessus, l’œuvre latine ne se résignait pas et elle voulût s'exprimer en français, malgré tout et tous. « Si je leur parle dans leur langue, avec leurs mots, je parviendrais peut-être à me faire entendre d'eux », se disait-il. Mais il n'avait pas d'argent et le taux de change ne le favorisait pas, il ne pouvait raisonnablement pas se payer un traducteur à vingt euros le feuillet. « Prenez un crédit », chuchotaient les sirènes de la Finance aux oreilles de ses géniteurs. Et si, bien que bilingue, on continuait à ne lui donner aucun crédit dans le monde éditorial français. Que feraient-ils d'une dette, sinon une longue et douloureuse diète ?

 

    Moi qui passais par là sur ces entrefaites, je leur racontais l'histoire d'un manuscrit qui avait fait le choix de l'autoédition pour son émigration.

– Voyez-vous, dis-je, je suis moi-même traducteur et, avec une auteure amie, nous avons décidé d'utiliser les outils que nous offre le numérique pour faire voir du pays à l'un de ses petits. Ainsi…

 

La suite de l'histoire est entre vos mains, il ne tient qu'à vous de donner une happy end au récit que je suis en train de faire à El libro cualquiera et, ainsi, lui apporter l'énergie nécessaire pour continuer sur la voie de la francophonie ; laquelle commence ici.

 

 

 

Posté par cazueladepolo à 00:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

28 février 2015

Autoédition bilingue à deux

Dans cette discussion sur linkedin je demandais des informations sur le « contrat de compte à demi » pour publier un ebook en commun avec une auteure chilienne. La remarque d'un des membres m'amena à éclaircir le dilemme auquel nous étions confrontés de la façon suivante :

Merci, j'avais vu cet article mais en réalité ce qui nous intéresse le plus dans ce contrat c'est qu'il est basé sur le concept de "Société en participation" ou "Société de fait": c'est cette "société" qui tiendrait lieu d'éditeur tandis qu'individuellement nous serions les auteurs du livre. Il s'agit en quelque sorte d'une autoédition bilingue à deux. Nous avons un problème avec le type de contrat qui conviendrait le mieux d'un point de vue juridique et social. Les auteurs qui s'éditent eux-même sont considérés, en France, comme des éditeurs, ce qui entraîne des obligations légales. Seulement nous sommes deux et il serait injuste que l'un d'entre nous soit considéré comme l'éditeur, et donc contraint par loi 1/ De verser des droits d'auteur sur le prix de vente au public (PVP) 2/ Être vu comme une profession libérale déclarant des bénéficescommerciaux ou non – et non comme un auteur déclarant des droits d'auteur. Il est par ailleurs bien plus simple de partager les bénéfices liés à l'exploitation de l’œuvre à 50/50, si nous n'avons pas à nous demander : dois-je calculer ce pourcentage en fonction du PVP ou du bénéfice avant impôts (CA-les coûts). Car si la pratique est simple, nous partageons les bénéfices, la théorie est compliquée : les droits d'auteur sont calculés sur le PVP, chacun pouvant alors dénoncer le contrat en cas de conflit (on ne sait jamais de quoi le futur peut-être fait, n'est-ce pas?) puisqu'il n'aurait pas perçu son revenu selon ce critère. J'insiste sur le fait qu'ici l'auteur et le traducteur cèdent, dans la pratique, une partie de leurs droits d'auteur à l'autre.

Je crois que notre dilemme – et quel dilemme ! Non ? - est maintenant posé suffisamment clairement pour permettre à ceux qui le peuvent de nous éclairer de leur expérience ou de nous faire parvenir leurs informations et leurs idées. Je crois également que la résolution de ce problème permettrait d'ouvrir la voie à de nombreuses collaborations entre auteurs et traducteurs.

Posté par cazueladepolo à 01:39 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

01 novembre 2014

Présentation du roman jeunesse Imaginarius

Imaginarius

Résumé :

 

 Maxi, 13 ans, est un génie des jeux vidéo. Alors qu'il s'apprêtait à affronter, comme personne avant lui, l'ultime méchant du jeu Imaginarius, un miroir géant apparut devant lui pour le happer. En voulant lui venir en aide, Lara, 14 ans, qui passait là par hasard, se fit avaler, elle aussi, par le miroir. Tous deux se retrouvèrent sur la planète Karim, qui avait servit de modèle pour créer le monde d'Imaginarius. Ce jeu avait été inventé, par la résistance locale, dans l'espoir de trouver le héros qui les débarrasserait du Dr Malphis, surnommé Maléficus, un savant fou ayant trouvé le moyen d'absorber l'énergie vitale des humains pour se rendre invulnérable. Dix ans auparavant, il avait conclu un pacte avec les gouvernants locaux pour recevoir un quart des jeunes de dix-huit ans en échange de la « paix ». La résistance, menée par Kendra, l'ex-femme de Maléficus, ayant effectué des calculs pour ne transporter que le seul terrien parvenant à atteindre le dernier niveau du jeu, la présence de Lara fit atterrir nos héros au beau milieu de l'inhospitalière vallée d'Evilnor, bien loin de l'endroit prévu. Par chance pour eux, et pour la suite de l'aventure, Gobb, un nain bougon mais brave, les sauva de l'attaque d'un Buzzeur Royal, sorte d'abeille géante carnivore. Une décennie après avoir refusé de participer à la guerre contre Maléficus, où tous ses amis périrent malgré la trahison du nain Badul, Gobb se retrouva mêlé à cette lutte quand les sbires du Dr Malphis l'obligèrent à détruire sa maison pour protéger Maxi. Son aide se révélerait décisive pour la victoire finale.

 

Retrouvez le résumé complet, la traduction de dix chapitres du livre et plus encore dans le Dossier complet d'Imaginarius

Plus de Traductions

04 août 2014

Présentation du roman Irreversible de Mercedes Estramil (Uruguay)

irreversible-140x220Mercedes Estramil est née à Montevideo, Uruguay, en 1965. Elle fut collaboratrice du supplément culturel hebdomadaire « La Semana », publié par le journal El Día, et depuis 1993 du « País Cultural ». Son livre de poésie Ángel sólido (inédit) reçut le Prix Municipal de Montevideo en 1994. Sa nouvelle « Rojo » obtint en 1996 le Prix du Roman attribué par les Éditions Banda Oriental, qui l'éditeront, et la fondation Lolita Rubial.

Elle participe, en 2014, au Salon du Livre International de La Paz, Bolivie, pour représenter son pays, invité d'honneur de cette édition. La maison d'éditions Hum a publié ses romans Hispana Help, Irreversible et Rojo, qui ne sont pas traduits en Français.

Résumé chronologique sous forme de sous-titres des chapitres :

  1. Infidèle plein de culpabilité, Arturo Butor part en voyage d'affaires pour un village de province. Dans la voiture, il emporte d'étranges vidéos pour les vendre. Dans la tête, sa maîtresse. Il y a sur la route des sangliers fantomatiques et de vrais policiers.

  2. Installé à l'Hôtel Esmeralda, Butor se met à vendre les vidéos de Perhaps S.A. Catégories: “Fausse Joie”, “Soumission”, “Douleur” et “Raretés”. Il prend contact avec le malheureux Sirio, rend visite au vieux Simbad, et constate que les routes sont dangereuses.

  3. Accident conjugal à l'Esmeralda. La voiture tombe en panne et Butor se perd sur la route. Les souvenirs d'Elle se font plus présents.

  4. La nuit tombe sur l'Elarén, un bordel en extinction. Dans le portable, un message désespéré d'un client, Genovese. Butor retardé dans un commissariat, embourbé dans ses pensées, et déplacé d'hôtel: l'Enter, siège d'une convention de Témoins de Jéhovah.

  5. Butor viole la scène du crime de Genovese à la recherche d'une vidéo où est apparu “quelque chose de plus”. Le commissaire Mendes et la prolifération des ambulances. Une prise de décision affective obligatoire.

  6. Les “îles” amoureuses. Un accident de la route et un couple adultère qui dialogue avec sa propre histoire. Les Témoins s'en vont à Diagonal, cité du vice, pour la convertir.

  7. Incendie de l'Elarén et de nouvelles morts. Dans la chapelle ardente, les souvenirs érotiques se déversent.

  8. Abondance des cortèges funèbres et aperçus d'extraterrestres. Diagonal comme paradis possible.

  9. Curieux dialogue avec une jeune serveuse dans une station-service 24h/7. Absence d'Elle dans le portable.

  10. Butor visite Sirio à l'hôpital du Village. Départ vers Diagonal et prise de décision. Et de vrais sangliers.

 

Retrouver toutes les informations relatives à ce roman ainsi que la traduction de passages choisis dans le dossier de présentation:

Vous ne savez pas comment lire un ebook sur votre tablette ou votre ordinateur? Aide

Note: Si l'un des fichier ne fonctionnent pas, merci de m'en avertir, je débute en édition epub et azw3

 Plus de Traductions

Posté par cazueladepolo à 18:46 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

10 janvier 2014

Présentation de La mesa que seduce y abraza - La table qui séduit et enlace

 

La mesa que seduceAutobiographie culinaire de Ximena Mondragón Randall, épouse de l'ex-ambassadeur du Mexique en Uruguay. Femme comme toutes les femmes, vivant sa vie de travailleuse, mère et maitresse de maison, elle profite de son nouveau statut de "femme de l'ambassadeur" pour se concentrer sur une part essentielle de sa vie, la gastronomie de son pays. Elle se forme comme Chef à Montevideo (Uruguay) et renouvelle le protocole dans la résidence diplomatique pour la rendre,à la fois, plus chaleureuse et plus ancrée dans la culture mexicaine. Elle écrit alors ce livre, La table qui séduit et enlace - recettes d'une ambassade mexicaine, pour prolonger cette expérience de partage.

 

PREMIÈRE PARTIE

A la table ou au lit, on n'appelle qu'une fois.

Proverbe populaire mexicain

 

LA CUISINE DANS MA VIE

 

La cuisine a toujours joué un rôle essentiel dans les moments décisifs de ma vie. Quand je suis retournée au Mexique, après avoir vécu la majeure partie de mon enfance et la totalité de mon adolescence à Cuba, la gastronomie et l'art mexicains me sauvèrent d'une violente crise d'adaptation. Ils me permirent de tenir debout, pour m'intégrer et m'approprier le pays où je suis née et qui m'avait été étranger jusqu'alors.

Des années plus tard, quand j'ai déménagé pour Montevideo, la cuisine me montra une fois encore le chemin à suivre pour donner un sens à ma vie, dans un environnement qui m'était alors inconnu et semé de défis à surmonter.

Je voudrais partager cette histoire.

Il y a bien longtemps, quand mes enfants sont nés, j'ai dû assumer la responsabilité du logis, avec tout ce que cela implique. C'est avec naturel, quoique fascinée, que j'ai fait de la cuisine mon espace créatif, un lieu de rencontre avec mon être intime ; au fur et à mesure, je lui donnais autant d'importance qu'au reste de la maison et je la garnissais, non seulement d'arômes, mais aussi d'objets décoratifs, de fleurs, de corbeilles pleines de fruits et de légumes et, bien sûr, de couleurs vives.

Durant ces années à Mexico, c'est dans la cuisine que se déroulaient les conversations cruciales avec le père de mes enfants et avec chacun d'eux. Avec mes enfants, j'avais l'habitude de parler de leur éducation, de leur développement, de leurs amis. Je me souviens particulièrement d'une discussion qui me marqua profondément, avec Mariana, alors adolescente, et de la façon dont elle se termina : par une embrassade mère-fille qui reste encore vive dans ma mémoire. Notre cuisine était la scène de tous les événements importants pour famille et c'est là que, des années plus tard, tandis que je jetais les pâtes dans la casserole, je reçu l'appel de Cassio Luiselli, mon compagnon actuel, qui me proposait de venir vivre avec lui à Montevideo.

Nombreux sont les souvenirs et les sensations qui me viennent aujourd'hui, tandis que j'écris, à propos de ma relation avec la cuisine et l'art de cuisiner. La saveur du chocolat chaud et des churros, ou des œufs brouillés à la saucisse de mon enfance à Mexico – qui me manquèrent tellement à Cuba. Et ces fois où, en primaire, durant les cours d'histoire, mon esprit divaguait tandis que la maîtresse nous parlait des coutumes des indiens Hatuey et Siboney, et que je me demandais s'ils mangeraient le manioc sans le savoureux mojo1 à l'ail. Je soupirais pour la pâte de fruit à la goyave accompagnée de fromage frais pendant que la maîtresse poursuivait son histoire sur ces lointains peuples indigènes.

Me revenait, de manière récurrente, l'arôme du délicieux soufflé2 de citrouille que préparait ma mère à Cuba, lorsque, malgré la crise, elle parvenait à en trouver au marché.

Des années plus tard, mon frère Goyo et sa famille vinrent nous voir à Mexico. J'avais promis de leurs préparer plusieurs délicieux petits-plats de notre terroir. La gastronomie mexicaine est bien particulière, par sa variété, ses saveurs, par le piment qui devient addictif, par la couleur qui invite à déguster quelques délicieux tacos... Je crois qu'en cette occasion j'avais parlé trop vite, en exagérant les délices que j'allais leurs préparer. Le moment venu – je travaillais alors comme promotrice culturelle dans le bureau du Conseil National pour la Culture et les Arts, en plus de m'occuper de la maison, et la visite familiale augmentait considérablement le nombre de convives – j'avais trouvé plus facile de passer au supermarché et d'acheter quelques tacos congelés. De ces tacos « parfaits » que la quantité de conservateurs et autres substances ajoutées maintiennent bien roulés, bien droits et toujours délicieux.

Le surnom que leur donna sans détour ma belle-sœur Laura, faisant allusion à la catastrophe nucléaire, resta ancré dans la famille et c'est alors que furent baptisés les fameux « tacos Tchernobyl de Ximena ». Il m'aura fallu des années pour me défaire de cette mauvaise réputation, avant que je puisse offrir à ma belle sœur de « vrais » plats de la cuisine mexicaine, bons et fait-maisons. Je crois avoir maintenant réussi à m'en débarrasser.

Je vois la cuisine comme un lieu de rencontre, la communion parfaite avec les cultures de notre pays, bien sûr, mais aussi avec celles, nombreuses et variées, du monde entier. Pour moi, cuisiner est un tout ; un art et un facteur de cohésion pour la famille et les amis. La cuisine est une responsabilité, une thérapie, une manière de faire plaisir, d'émerveiller et d'honorer. Avec elle, nous alimentons nos sentiments les plus forts, les plus intimes ; avec un gâteau au chocolat ou le plat préféré, nous acceptons et cajolons notre âme. La cuisine représente tout cela dans ma vie.

1Sauce de piment traditionnelle (ndt)

2En français dans le texte (ndt)

Dossier complet_La_table_qui_séduit_et_enlace

Plus de Traductions

Posté par cazueladepolo à 18:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,